Retour Sommaire BMC N°10 - BMP N°3

BMC: Depuis combien de temps exerces-tu à Wallis ?
Dr R. Poirier : « Depuis 1996, après un séjour à Mayotte où j'exerçais l'activité de médecin chef dans un hôpital avec une activité médico-obstétricale ».
BMC: Quelles sont les pathologies qui marquent ton activité professionnelle à Wallis ?
Dr R. Poirier : « Je suis préoccupé en premier lieu par le diabète et le RAA. La diversité des pathologies (maladies systémiquesÖ) avec notamment une fréquence surprenante des maladies endocriniennes (thyroïdienne et hypophysaire).
Les nombreux comportements à risque comme le comportement alimentaire, l'alcoolisme, le tabagisme sont répandus dans la population, témoins d'un déficit en éducation sanitaire.
En obstétrique je suis frappé par la fréquence des macrosomies et des complications obstétricales qui suivent. Le diabète gestationnel est particulièrement florissant ».
BMC: Et l'organisation du système de soin ?
Dr R. Poirier : « Nous fonctionnons à Mata Utu (Hôpital pour 5000 habitants) avec un chirurgien, un médecin, un médecin anesthésiste, un biologiste et un pharmacien. Les VAT (Volontaires à l'Aide Technique) assurent les consultations en dispensaire et les gardes. Il y en a dix et bientôt se posera le douloureux problème financier de leur remplacement. Le médecin (comme les autres praticiens) est astreint à une activité multidisciplinaire, du fait de l'éloignement géographique. Il faut savoir que nous exerçons avec des moyens limités en personnel et matériel. Le centre de référence est Nouméa ».
BMC: Qu'en est-il de la couverture maladie ?
Dr R. Poirier : « La gratuité totale des soins est institutionnalisée, officialisée par le prochain statut de l'hôpital de Wallis. Un effort d'information au sein de la population sur le coût de la santé est indispensable ».