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A noter cependant qu'on observe, d'année en année,  une légère diminution du nombre de foyers et que les îles Loyauté semblent épargnées par cette parasitose.
Biologiquement, il existe souvent une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles. L'hyperéosinophilie est très inconstante. La sérologie est fréquemment négative.
Le diagnostic repose sur l'examen parasitologique des selles, en sachant que seule la présence de formes histolytiques est formelle. A la différence des  kystes, Entemoeba histolytica est fragile. L'examen doit donc être effectué sur des selles fraîchement émises.
La recto-sigmoïdoscopie objective des micro-ulcérations reposant sur une base discrètement surélevée.
A côté de cette forme dysentérique typique, il existe:
-DES FORMES FRUSTES: se manifestant par une diarrhée pâteuse. La présence de glaires fait évoquer le diagnostic.
-DES FORMES FULMINANTES, qui ne sont pas rarissimes sur le Territoire, touchant les sujets âgés, fragiles et dénutris. Elles se caractérisent par un syndrome toxi-infectieux sévère survenant dans un contexte abdominal aigu avec défense, météorisme et émissions anales séro-sanglantes. Le pronostic est mauvais (risque de péritonite généralisée).
Il n'est pas illicite en cas de symptômes évocateurs, lorsque l'examen parasitologique  n'est pas disponible, d'instituer un traitement d'épreuve par Métronidazole.
Sur le plan thérapeutique, deux options sont possibles, en fonction de la taille de l'abcès et de sa situation:
- traitement médical: Métronidazole ou Ornidazole, 500 mg trois fois par jour, d'abord par voie parentérale, relais pris ensuite per os, la durée totale du traitement étant de dix jours.
- ou, associé au précédent, traitement par ponction ou drainage, sous échograhie ou TDM, lorsque l'abcès est volumineux (risque de rupture intra-péritonéale gravissime) ou lorsqu'il siège dans le lobe gauche (risque de rupture intra-péricardique).
AMIBIASE HÉPATIQUE
(ABCÈS AMIBIEN DU FOIE)
ÉPIDÉMIOLOGIE
La contamination résulte de l'ingestion de kystes, le plus souvent par l'intermédiaire d'aliments frais souillés. Les kystes sont seuls capables de transmettre la maladie grâce à leur résistance dans le milieu extérieur. Leur capsule est digérée dans le grêle, donnant naissance, après division, aux formes végétatives "minuta", non pathogènes. 
Le cycle pathogène résulte de la transformation des formes "minuta" en " histolytica" et de l'invasion de la muqueuse. Cet évènement survient, lorsque le milieu est favorable et lorsque la résistance du porteur est défaillante.
L'action cytopathogène consiste en une destruction des cellules épithéliales, permettant ainsi la pénétration de l'amibe dans la sous-muqueuse. 
Cette invasion peut passer inaperçue (survenue possible d'abcès hépatiques sans notion d'antécédent colique).
Elle est fréquente sur le Territoire. On relève une vingtaine de cas par an hospitalisés au CHT. Elle complique l'amibiase intestinale par effraction mésentérique, puis migration des parasites dans le système porte.
Les manifestations cliniques classiques sont bien connues: douleurs de l'hypochondre droit, fièvre élevée, hépatomégalie douloureuse à la palpation. Mais elle peut se manifester par une altération isolée de l'état général, une fièvre au long coursÖ
Biologiquement, il existe une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles, une hyperéosinophilie. Paradoxalement, même dans le cas d'abcès volumineux, les perturbations biologiques hépatiques sont modérées voire absentes.
L'abcès est mis en évidence par échographie ou TDM. Son origine amibienne est authentifiée par la sérologie, toujours très positive en cas d'amibiase tissulaire.
EN CONCLUSION
On retiendra que l'amibiase est fréquente sur le Territoire, que ce soit dans sa forme intestinale ou dans sa forme hépatique. Il faut y penser, bien entendu devant un syndrome dysentérique, mais aussi devant une diarrhée non expliquée. Après un examen parasitologique des selles, le traitement adapté sera débuté le plus tôt possible, afin d'éviter la survenue de complications. On insistera également sur les mesures préventives d'hygiène individuelle et collective en zone d'endémie.
SYMPTOMATOLOGIE
& DIAGNOSTIC
TRAITEMENT DE
L'AMIBIASE INTESTINALE
Comme dans la plupart des pays endémiques l'amibiase, lorsqu'elle est symptomatique, se manifeste le plus souvent par un SYNDROME DYSENTÉRIQUE associant douleurs abdominales basses, diarrhée, émissions de glaires et de sang, parfois afécales. L'apyrexie est la règle (élément de diagnostic différentiel avec les colites bactériennes). L'examen clinique est pauvre: douleur abdominale à la palpation sans défense.
Il repose sur l'association:
- d'un amoebicide tissulaire: Métronidazole (Flagyl®) ou Ornidazole (Tibéral®), 500mg trois fois par jour pendant dix jours,
- et d'un amoebicide de contact: le Tiliquinol-Tilbroquinol (Intétrix®), deux gélules matin et soir pendant dix jours.
LES ANTI-DIARRHÉIQUES SONT CONTRE-INDIQUÉS (risque de colite nécrosante par séquestration d'amibes).