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arrêt récent de la Première Chambre Civile de la Cour
de Cassation rendu le 29 juin 1999 a retenu toute notre attention. Celui-ci
porte sur les infections nosocomiales.
L'arrêt
rendu stipule que "le contrat d'hospitalisation et de soins, conclu entre
un patient et un établissement de santé met à la charge
de ce dernier, en matière d'infections nosocomiales, une obligation
de sécurité de résultat dont il ne peut se libérer
qu'en apportant la preuve de la cause étrangère".
Les
arrêts rendus précédemment (arrêt Clinique Bouchard
et arrêt Clinique Belledonne) introduisaient une présomption
de responsabilité et relevaient de l'obligation de moyens et non
de l'obligation de résultats, avec exonération par la preuve
de l'absence de faute.
Le problème
des infections nosocomiales est depuis longtemps d'actualité quel
que soit le secteur d'hospitalisation. L'Etat depuis 1988 par décrets,
arrêtés et circulaires, tente de réglementer la lutte
contre les infections nosocomiales en imposant la création au sein
des établissements publics et privés, de comité de
lutte contre ces infections. Ces mesures vont bien sûr dans l'intérêt
de nos patients et améliorent la qualité des soins que nous
leur proposons. Néanmoins, le risque ne peut, et ne pourra sans
doute être réduit à zéro quelles que soient
les précautions prises.
Le débat
juridique sur la responsabilité sans faute en matière d'aléa
thérapeutique n'est pas clos, puisque la Cour de Cassation ne s'est
pas encore prononcée sur les pourvois y afférents. La survenue
d'une infection nosocomiale (dont la définition est élargie
: circulaire DGS octobre 88) reste par excellence un aléa malheureux
ressenti dramatiquement tant par le patient que par le praticien comme
une injustice. La voie suivie par les juges renforce nos obligations tant
en moyens qu'en résultats.
Notre
souci doit rester l'intérêt du patient. Cet arrêt, rendu
définitif et faisant ainsi jurisprudence, ne doit pas modifier nos
comportements dans le sens |
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où
le risque médical aléatoire serait mis en balance avec le
risque juridique. Il se poserait alors le problème du traitement
des patients fragiles et à hauts risques, ou de certains gestes
chirurgicaux, ou l'utilisation de techniques réputées invasives,
ou l'hospitalisation dans des secteurs à hauts risques d'infections
nosocomiales.
Gageons
que les juges prendront en compte cet aspect de notre métier et
que leurs décisions ne créeront pas une appréhension
qui limiterait les soins que nous devons apporter aux patients les plus
difficiles. |
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