Retour Sommaire Numéro 9 - deuxième année

Le Dr Flore Lacassin du service de Médecine Interne du CHT a fait pour nous le point sur la situation actuelle et quelques idées phares se dégagent :
- la transmission hétérosexuelle et l'atteinte de la population mélanésienne,
- les difficultés et malheureusement les échecs des nouveaux traitements (malgré l'espoir qu'avait fait naître l'apparition des antiprotéases),
- enfin la situation mère-enfant.
Au plan épidémiologique
e SIDA maladie augmente toujours dans le monde pour atteindre 21 M de personnes en Afrique, 6 M en Asie. Il en toucherait 15 000 en OcéanieÖ?
En Nouvelle-Calédonie, 178 sujets sont séropositifs (3 Hommes pour 1 femme) dont 66 SIDA. Plus de 50 % ont entre 20 et 40 ans. La transmission hétérosexuelle augmente ainsi que l'atteinte de la population mélanésienne (actuellement observée) et malheureusement souvent dépistée lors d'un événement SIDA.
Les limites ?
Le traitement
Celles liées aux médicaments:

- la compliance ++ fait 80 % de l'efficacité,
- les heures et le nombre de prises, 
-  les interactions médicamenteuses et les mauvaises absorptions,
- ils ne sont que virostatiques et ne pénètrent pas les sites sanctuaires (la transmissions 0 n'existe donc pas).

Celles liées à l'hôte:

- facteurs génétiques.

Celles liées au virus:

- avec des souches résistantes d'emblée ou sélectionnées secondairement (non observance, posologie insuffisante, interactions pharmacologiques).

En cas d'échec du 1er traitement avec hausse de la charge virale (50 % pour certaines études) la situation devient très difficile. Il faut rechercher dans ces facteurs la (les) cause (s) et un traitement dit de "sauvetage" peut être proposé en gardant quelques règles:
- changement du maximum de molécules,
- pas de substitution de même classe,
- évaluation des résistances croisées entre les antiprotéases.

C'est aujourd'hui la clef de la prise en charge de ces patients.
Quand ?
l doit être débuté le plus tôt possible (sans jamais d'urgence sauf si primo infection) pour diminuer la charge virale et assurer l'immuno restauration.
- Il est recommandé pour un patient symptomatique si:

CD4 < 500 ou CD4 > 500 mais > 10 000 copies.

- Il reste théoriquement possible pour tout patient.

Lequel ?
'est le 1er traitement chez un patient "naïf " qui est le plus important pour obtenir la meilleure suppression virale. Habituellement, 2 Inhibiteurs Nucléosidiques (AZT, ddi, ddc, 3 TC, d4T) et une antiprotéase (Indinavir). 

D'autres associations (3 IN, bi-thérapies) sont possibles.

Mère-Enfant
e problème du dépistage pour les femmes enceintes se pose toujours et devrait être expliqué et proposé systématiquement.La raison en est simple: la transmission fúto-maternelle sans traitement est de 12 à 29 %, avec AZT de 8,3 %, avec AZT + 3 TC 2,9 
En conclusion
Il faut traiter tôt et donc dépister. La suppression virale doit être complète et précoce (trithérapie) avec nécessité d'une bonne adhésion au traitement (compréhension, éducation, soutien).